Innovation – vélo : un système en panne?

Innovation – vélo : un système en panne?

Plus d’innovation dans le vélo?

Nous sommes en septembre, l’eurobike, la grande sauterie des manufacturiers du vélo est quasi-terminée.
La saison cycliste sur route touche également à sa fin, l’heure des bilans arrive…
Mais plutôt que se focaliser sur les résultats des courses pro, prenons de la hauteur et jetons un œil critique sur la discipline dans son entier pour juger un peu de son évolution autant sur le matériel que sur les techniques d’entraînement.

Innovation matériel

D’une manière général, le marché du vélo n’est pas des plus flambant depuis le début des années 2010.
En effet, le matériel de compétition semble avoir atteint l’apogée du tout carbone tant pour les cadres que pour les roues. Plus aucune marque ne semble désormais à la pointe en terme de valeur d’usage sur ces deux produits.
Là où Look était quasiment seul dans les années 90, il existe maintenant une multitude d’acteur proposant des produits aux caractéristiques assez proche. Par exemple, il est impossible de trancher de manière définitive et intégré la question : « Qui propose le meilleur cadre du marché! »

Ce manque de dynamisme dans les évolutions peut trouver, à mon sens, deux origines :
– la faible volonté ou capacité d’investissement en R&D consécutif à la « crise des subprime ».
– la solution de facilité de conversion de vente grâce aux nouveaux média sociaux.

Détaillons un peu. Pour le premier, il est assez mécanique : moins pognons, moins croissances, moins de vente, moins d’investissement + moins de confiance, moins d’investissement CQFD.
Pour le second point c’est une analyse moins répandu, mais il faut savoir qu’avec l’avènement de google le monde du marketing à énormément changer.
En effet, l’indexation de google a permis de permettre une émergence des marché de niche (voir théorie de la longue traine) et permettre à des petits acteurs d’avoir une visibilité d’il n’aurait pu atteindre avec les média mainstream.
Cette constatation vaut pour de nombreux domaines dont le secteur commercial du cyclisme.
Les grandes marques ont vu arriver de nombreux petits concurrents qui pris individuellement ne mettant leur position dominante en péril mais, pris collectives représentait un manque à gagner sans doute non négligeable.

Comme pour de nombreux secteurs, les acteurs majeurs ont du adapter leur stratégie commerciale et marketing pour conserver leur superbe!
Par conséquent l’investissement dédié a cette mutation n’allait et n’ira pas à la R&D.
Pour vous en convaincre, regardez l’évolution de specialized depuis 2010. Qu’a vraiment subi comme modification le tarmac à part des changement de couleur, de serrage de tige de selle? Par contre, au niveau « com », spé c’est payé les meilleurs coureurs (Nibali, Contador, Sagan) et produit sans aucun doute les vidéos les plus virales sur facebook!

Bon tout ça pour dire que tout le pognon qui passe pas en R&D ne finira jamais en innovation!

Enfin, un dernier point, l’uci a également contribué à cette panne de l’innovation, en effet évolution des règlements à beaucoup contribuer le ralentissement des avancées techniques.
On peut définir trois évènements majeurs dans les modifications réglementaires :

  • ajout de la règle du poids minimum de 6.8kg
  • ajout d’une labélisation obligatoire pour les roues
  • ajout d’une labélisation obligatoire pour les cadres

Le premier point a eu pour effet de stopper bons nombres de travaux de R&D sur l’optimisation poids/rigidité/solidité des matériaux…
Les deux autres a pour effet de faire réfléchir les nouveaux arrivants et les «petits» avant de se lancer sur le marché. Sur ce point, je reste persuadé
que des lobbyistes des grosses marques ont bien bossé pour faire cracher ce genre de point de règlement liberticides.

Bon quoi de neuf??

Sur les cinq dernières années, il y a quelques avancées même s’il ne s’agit pas d’innovation à proprement parlé. En effet, les :

  • transmissions électriques
  • freins à disques
  • capteurs de puissances
  • Composants aux propriétés aéro-dynamiques toujours meilleures (ça reste d’ailleurs à prouver)

Mais aux termes de ces salons 2017, je retiens encore une fois peu de chose (pour le cyclisme sur route), on a vraiment l’impression que les constructeurs sont en train de passer leur puissance d’investissement sur le segment du vélo électriques…

Bon voilà, pour le matériel, passons à l’optimisation du bonhomme, autrement dit, l’entraînement.

Innovation des techniques d’entraînement

Bon tournons-nous du côté de l’entraînement pour faire un passage en revue des évolutions des techniques et du matériels d’entraînement.
Globalement, ces 5 dernières années, on a pu noter une vulgarisation des techniques expérimenter au niveau de l’élite. On voit de plus en plus de cyclistes et de triathlètes dotés d’un capteur de puissance, et pas seulement pour faire joli et montré aux copains qu’on vient de claquer 2000€ dans un nouveau jouet.

Pour s’en persuadé, il suffit de faire un tour dans les rubriques de la presse spécialisée qui s’est adaptée dans le contenu de ces rubriques d’entraînement :

Quelques exemples disponibles sur le web :

NB : les revues papiers ne sont pas en reste mais comme aucune n’a de converge format électronique (je parle pas que de pdf…) – papier, il n’y a pas de contenu à citer!

D’une manière générale, coursiers de cri-cri mis à part, les pratiques et entraînement se sont structurées notamment pour le pratiquant cyclosportif qui se contente plus seulement d’aligner que des Km à vitesse moyens.
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Influence de strava

Strava dont j’avais fait une présentation rapide ici à permis directement de proposer deux choses importantes :

  • un outil de suivi automatisé (importation…) de l’activité et des outils d’analyses de la performances gratuits
  • une mise en lumière de la pratique exact de chacun

Ces deux outils qui permettent par une sorte de mise en concurrence avec d’autres cyclistes dont a pas forcément l’occasion «d’affronter» directement et une analyse de leur pratique ainsi qu’une remise en cause de sa propre pratique.

Bon sinon quoi de nouveau?

Du côté de l’entraînement, je vous ai trouvé deux innovations qui pourrait à court terme changer les mœurs et coutumes :

La pilule connectée

Je connaissant le concept mais je ne pensais pas que ce genre de produit était commercialisé… J’ai découvert les capsules connectés Bodycap (produit Français) lors de la conférence Science and cycling.
Ce genre de produit permet de récupérer des informations (température par exemple) afin d’optimiser la régulation thermique par le coureur en vue d’améliorer la performance et/ou la récupération.
Bon, ce genre de produit quasi-invasif me pose tout de même des problèmes de consciences et d’éthiques… Est ce qu’il faut vraiment aller dans cette voie? C’est un peu la porte ouverte aux dossiers médicaux en mode puce RFID sous-cutanés?, non?
Bon on verra si le législateur met son veto ou non…

Le capteur de puissance efficace

Développer de la puissance c’est bien mais, de la puissance qui sert à avancer c’est mieux! En effet, seule la force appliquée perpendiculairement à la manivelle permet de faire avancée le vélo, le reste c’est de la perte…

Malheureusement (1) lors d’un cycle de pédalage la puissance appliqué sur la manivelle ne l’est rarement perpendiculaire à celle-ci. Je vous passe les formule trigonométrique mais seul une partie est compté dans la puissance efficace.

Malheureusement (2) les capteurs du marché ne mesure pas la puissance efficace ni même le rendement de votre coup pédale (rapport entre la puissance efficace et la puissance totale).

Sauf que les capteurs puissances efficaces en fait ça existe et ça va arriver sur le marché à plus ou moins court terme. Je peux au moins vous citer Forped qui propose ce produit (4000€)

L’intérêt?

C’est simple, s’entraîner pour faire augmenter sa puissance c’est bien. Augmenter la puissance qui sert à avancer c’est mieux! Cette outil d’entraînement n’a pas d’autre but que de faire travailler votre geste pour le rendre le plus efficace possible.

C’est cher!

Oui c’est cher mais pour avoir discuté avec les ingénieurs en charge du projet, les technologies utilisés sont assez maîtrisée dans d’autres domaines (motion capture), ce qui laisse penser qu’on peut réduire le prix par 4 facilement!

Voir notre article sur la puissance efficace : ici

Bon alors …

Que dire en conclusion?
Que oui les innovations majeurs sons monnaie rare depuis presque 10 ans, la faute a un conteste économique, à un changement de paradigme (que certain appelle la révolution numérique), à une manque d’investissement en R&D des différents acteurs…
On peut retenir également que c’est le segment lié à l’entraînement qui compte le plus d’évolution et d’innovationn actuellement porté par les objets connecté à la miniaturisation de capteurs électroniques.

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