Mesure de l’aérodynamisme

Mesure de l’aérodynamisme

En juillet dernier, lors du prologue du tour de France 2017 à Dusseldorf, l’équipe SKY a fait fureur par ces résultats, mais également cause de sa combinaison de CLM.

En effet, la combinaison utilisée par Christopher Froome et ses équipiers possédait un implant qui permettaient de mettre en relief un vortex la surface des bras des coureurs.
Ceci a fait brièvement polémique, car les Français de la FDJ et plus particulière son entraineur F. Grappe ont estimés que cet ajout était non-réglementaire et permettait d’économiser un nombre de W important.
Je ne détaillerais pas les échanges des différentes parties (FDJ, SKY, UCI), mais je retiendrais le gain annoncé par Grappe dans le court article qu’il a publié au lendemain du CLM.
On pourra y lire un gain (une baisse) de 5 à 7% du SCx soit 18 à 25 sec sur les 14km du CLM.
Même si ces chiffres peuvent être discutés, ils mettent en avant l’importante de l’aérodynamisme.
En effet, si un équipement ayant pour but un gain marginal permet d’améliorer le SCx de 5% cela vous laisse imaginer la perte (ou le gain, vous choisirez) si la partie non marginale des éléments contribuant aux propriétés aérodynamiques sont laissés sans optimisation.

Pourquoi optimiser son aérodynamisme

L’introduction de cet article devrait suffire à vous convaincre, mais je vais détailler un peu.
Comme vous avez sans doute compris plus haut, on s’intéresse à l’aérodynamisme parce que cela permet de faire économiser des watts à une vitesse donnée.
En autres termes, améliorer son aérodynamisme consiste à réduire la puissance nécessaire pour avancer avec une position donnée et sur un parcours plat(je vais préciser pourquoi plat).
Il convient donc de revenir à la puissance développée pour faire avancer le cycliste.
Cette puissance globale est la somme de 3 composantes, la puissance pour compenser la gravité et la pente, la puissance pour compenser la résistance au roulement (frottement des pneus) et la puissance pour condenser les forces aérodynamiques.

Dans le cas d’un parcours plat c’est cette dernière qui va être majoritaire.
Cette puissance dépend du cube de la vitesse, de la densité du milieu dans lequel on évolue et de SCx.
Pour les deux premiers, on ne peut pas les modifier. Pour le fameux SCx, on peut travailler dessus.

Mais au fait, c’est quoi SCx?

SCx est une quantité qui est le produit scalaire entre la surface S et le coefficient de forme Cx.
S est assimilable à votre surface frontal et Cx est quand lui lié aux éléments de votre posture qui vont améliorer votre le flux de turbulence.

Pour un cycliste moyen améliorer son aérodynamisme c’est réduire sa surface frontale. On dira minimiser S.

Pour Froome et le top du plateau des spécialistes du CLM, améliorer son aérodynamisme consiste à travailler sur Cx qui est beaucoup moins influent, mais qui permet quelques gains tout de même. D’où l’expression gain marginale souvent entendue chez les Anglo-saxons.

Comment optimiser son aérodynamisme

Bon d’accord, mais, comment nous, simple cyclosportif, fait-on pour mesurer l’aérodynamisme d’une posture?

Plusieurs solutions :

Dans un tunnel

Oui moyennant finance les souffleries sont accessibles au grand public, enfin, au grand public qui peut débourser quelques grosses centaines d’euros par heure (env 600€).
Mais ce genre de méthode reste à ce jour la solution commerciale la plus précise.

Sur une piste

Et oui avec un capteur de puissance et de vitesse, vous pouvez inverser l’équation et déduire SCx.
Cette méthode est toujours utilisée par de nombreux teams pro car elle est considérée comme précise

Sur la route

À l’instar de la piste, il est possible d’inverser l’équation de la puissance sur la route. Pour cela, il faudra choisir un segment de route plate et de travailler soit avec des conditions sans vent soit avec des conditions de vent constant (mesures relatives de SCx).
Cette méthode est moins précise, mais elle permet déjà de travailler.

En pratique

Quelle que soit la méthode, on va toujours procéder par des modifications-essais-mesures.
On va donc modifier la posture et réaliser une mesure de puissance (à l’aide d’un capteur de puissance.
Si la valeur de la puissance obtenue est plus faible, il y a amélioration.
Dans le cas inverse, il y a régression!

Vous pouvez faire autant de configuration qui vous chante tant que les conditions de mesure restent les mêmes.

Et si je veux tester des équipements différents

Si vous souhaitez tester des pneus, des roues des casques… Vous pouvez appliquer le même protocole pour mesurer les gains, ici, marginaux!
NB : Plus les gains potentiels sont faibles, plus les méthodes de mesures doivent être précises!

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